Repos minimum entre deux postes : la règle des 11 heures
Combien de temps doit s'écouler entre deux postes ? En France, la réponse de l'ingénieur et celle du code du travail coïncident : onze heures consécutives. Comprenez pourquoi, et la plupart des questions de repos se répondent d'elles-mêmes.
Pourquoi onze heures
Comptez à rebours depuis une vraie nuit de sommeil : sept à huit heures de sommeil, plus les deux trajets, un repas, une douche, et la part de vie qui doit tenir entre deux postes. Onze heures porte à porte, c'est ce qui produit réellement sept heures au lit. En dessous — les retours rapides — le sommeil court est garanti, et le sommeil court produit les taux d'erreur du lendemain. La recherche sur les retours rapides est parmi les plus constantes de la science du travail posté.
Ce que dit le droit français
L'article L3131-1 du code du travail accorde à tout salarié un repos quotidien de 11 heures consécutives — héritage direct de la directive européenne sur le temps de travail (2003/88/CE), que le Royaume-Uni et nos voisins ont transposée de la même façon. S'y ajoute le repos hebdomadaire : 24 heures consécutives auxquelles s'adossent les 11 heures quotidiennes, soit 35 heures consécutives par semaine. Des dérogations existent — par accord collectif et pour des activités définies, le repos quotidien peut descendre jusqu'à 9 heures, avec contreparties en repos — mais elles sont encadrées et l'exception, jamais la règle. Et n'oubliez pas la petite sœur de la règle : 20 minutes de pause dès que le travail quotidien atteint six heures.
Où se cachent les retours rapides
Ils se nichent aux coutures du rythme : les transitions régressives des rotations mal ordonnées, la reprise après un bloc de nuits dans une alternance jour-nuit, les collisions créées par les échanges de postes, et les interventions d'astreinte qui tombent avant un poste du matin — une intervention interrompt le repos, qui doit être redonné en intégralité. Les jonctions des 3x8 et la sortie de nuits du travail de nuit méritent une inspection particulière.
Auditer votre planning
L'audit est mécanique : calculez chaque écart entre deux postes consécutifs, par personne, sur un cycle complet, et signalez tout ce qui passe sous 11 heures. C'est exactement le contrôle qu'un logiciel de planification doit exécuter à chaque publication et à chaque demande d'échange — Tommy bloque l'échange fautif avant qu'il n'existe, plutôt que de le découvrir dans l'analyse d'incident.
Trois habitudes complètent l'audit. Publiez la règle dans le livret d'équipe — un plancher connu de tous se défend tout seul. Traitez l'amplitude comme la jumelle du repos : 11 heures de repos quotidien impliquent qu'aucune journée ne peut s'étaler sur plus de 13 heures, coupures comprises. Et quand une dérogation s'applique chez vous (activités de garde, continuité de service), écrivez noir sur blanc la contrepartie en repos qui l'accompagne : c'est elle que l'inspection du travail demandera en premier.
Construisez ce planning dans Tommy
Définissez le roulement une fois et Tommy remplit les semaines suivantes : échanges de postes, absences et trous de couverture gérés au même endroit, avec une équipe toujours à jour.



